Haïti doit imposer sa fierté : plus jamais une sélection de “rejetés”

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Depuis plusieurs années, la Fédération Haïtienne de Football (FHF) multiplie les efforts pour attirer des joueurs issus de la diaspora, souvent formés dans les meilleurs centres d’Europe. L’idée est simple : renforcer la sélection nationale avec des talents ayant évolué dans des environnements de haut niveau.
Mais la réalité, elle, est plus cruelle. Haïti n’est que le deuxième choix de la plupart de ces binationaux.

Des exemples récents comme Odsonne Édouard ou Wilson Isidor le prouvent. Tous deux ont reconnu leurs liens avec Haïti, échangé avec la fédération, mais au moment de choisir, ils préfèrent attendre une convocation de l’équipe de France. “Je ne ferme pas la porte à Haïti, mais ce serait la suite logique pour moi de jouer pour la France”, déclarait récemment Édouard dans L’Équipe.

Un constat amer mais compréhensible

Ce choix n’est pas toujours un rejet de leurs origines. C’est souvent un calcul de carrière. En Europe, la sélection nationale représente une vitrine sportive et financière : Coupe du monde, grandes compétitions, visibilité médiatique.
Pour beaucoup de jeunes joueurs, Haïti reste un pari risqué, tant que le pays n’a pas les structures, les moyens ou la stabilité nécessaires pour rivaliser avec les nations majeures.

Comment éviter ces désillusions à l’avenir ?

Pour sortir de ce cycle, Haïti doit changer de cap. Il ne suffit plus d’attendre que des joueurs formés ailleurs décident de venir. Il faut bâtir une stratégie durable autour de quatre axes :

  1. Former nos propres talents : investir sérieusement dans les académies locales, encadrer les jeunes, et leur offrir des conditions de développement dignes du haut niveau.
  2. Valoriser les vrais engagés : soutenir, promouvoir et motiver ceux qui choisissent Haïti sans attendre un refus d’un autre drapeau.
  3. Stabiliser la sélection nationale : un encadrement professionnel, une organisation claire et un staff technique cohérent peuvent convaincre bien plus qu’un simple discours.
  4. Créer un projet de fierté nationale : donner envie aux jeunes Haïtiens, d’ici et d’ailleurs, de défendre le bicolore par conviction, pas par défaut.

L’heure du changement

Haïti doit cesser de tendre la main à ceux qui doutent, pour se concentrer sur ceux qui croient. Le football haïtien ne se construira pas sur des regrets, mais sur la volonté, la discipline et la fierté.
Le jour où Haïti croira vraiment en son propre potentiel, ce seront les autres qui rêveront d’y jouer.

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